L'avenir de l'ordinateur central

Publié le 23/05/2016 à 00:45:24 par Jean Libercier - Mise à jour de l'article le 23/05/2016

L'avenir de l'ordinateur central

D'après un article original en anglais de Chris O’Malley publié dans la revue Enterprise Executive
www.enterprisesystemsmedia.com


Naissance du mainframe


Depuis toujours, l’homme a cherché à développer ses connaissances du monde et à perfectionner ses techniques. La technique informatique n’échappe pas à la règle.

Le 7 Avril 1964 Thomas J Watson d’IBM annonce le système 360 qui est le plus gros ordinateur de l’époque et pour la première fois lui donne le nom de « Mainframe ». Toute une technique du logiciel va se créer pour traduire, par des applications informatiques, le travail qui était préalablement exécuté à la main. Nous avons vu apparaitre des méthodes comme CORIG, MERISE, PACBASE, des langages de programmation tels que l'ASSEMBLEUR, FORTRAN, COBOL, PL/1, des systèmes d’exploitation comme DOS, OS, VM, MVS, des outils comme TSO, JCL, CICS, DB2. Le Mainframe a besoin d’un environnement humain pour le faire fonctionner et de toute une équipe de programmeurs pour l’alimenter en programmes. Ce qui représente un ensemble humain très important.

Toutes les banques, caisses de retraite, assurances et autres sociétés importantes ont développé des applications pour répondre mieux et plus vite à tous leurs clients et ainsi développer leurs chiffres d’affaires. Les programmes développés sur le Mainframe utilisant ses techniques ont été en constante augmentation pendant 20 ans.

Naissance du PC


Naissance de l'IBM PC
Naissance de l'IBM PC en 1981
En 1981 William C Lowe et son équipe annoncent la sortie du « Personnal Computer », autrement dit le PC, qui est l’ordinateur individuel évolutif d'IBM. Ce qui est pour l’époque une révolution. A partir de cette date, se lève un vent de liberté. Chaque individu, sur son PC, souhaite et peut réaliser l’application de son choix.

Autour du PC va se développer toute une technique des logiciels avec de nouvelles méthodes, de nouveaux langages de nouveaux outils différents de ceux du Mainframe. Toutes ces évolutions vont permettre une plus grande liberté et une plus grande créativité avec de très bons résultats mais, parfois aussi, au détriment de la cohérence de l’ensemble. Il va y avoir un bouillonnement extraordinaire de langages, d’outils, d’applications pendant les 10 ans qui vont suivre.

Vers la fin des années 1990 le SmartPhone est arrivé venant augmenter la mobilité de chacun et permettre à tout le monde de réaliser pratiquement ce qu’il veut, quand il le souhaite, où qu'il se trouve.

Bilan du parc informatique d'aujourd'hui


Dans les années 2000, si nous établissons un état des lieux, nous avons en France :

100 à 150 Mainframes, avec un parc de programmes qui a été en constante augmentation avec toujours les mêmes techniques.
Des centaines de milliers de PC, là aussi avec un parc de programmes qui a été en constante augmentation avec toujours les mêmes techniques, totalement différentes de celles du Mainframe
Des millions de SmartPhones avec des milliers d’applications nomades spécifiques aux SmartPhones.

L'avenir du mainframe


IBM System z
IBM System z
La grande majorité des utilisateurs PC + SmartPhone connaissent d’une manière générale les techniques liées aux PC + SmartPhone mais ne connaissent pas ou très peu les techniques Mainframe. Ils ne perçoivent pas toujours l’utilité du Mainframe. Ils peuvent penser que, s’il n’est pas utile, il peut disparaitre. Ils n’imaginent pas un avenir à l’ordinateur central. En effet, tous ceux qui ne connaissent pas le monde Mainframe pourraient penser, à la lecture de la plupart de ce qui est publié sur la technologie de l’information, que le mainframe a déjà cessé d’exister.

D'autre part, la grande majorité du personnel qui gravite de près ou de loin autour du mainframe et reconnait et apprécie sa fiabilité et le rôle continu, principal et central, qu'il occupe depuis plus de cinquante ans dans les services informatiques, donne l'impression que la technologie, les processus et les procédures sont assez évolués et qu'ils ne nécessitent pas de refonte, d'innovation ni de nouveaux investissements. Cette approche est profondément négative pour les entreprises qu’ils servent.

Actuellement il n’est pas possible d’éliminer tout ce qui a été réalisé sur le Mainframe, pas plus qu’il n’est possible de freiner ou d’éliminer tout ce qui a été réalisé sur les PC + SmartPhone.

La seule voie raisonnable à suivre pour l’informatique dans son ensemble, Mainframe + PC + SmartPhone, est d’accepter un
plan d’avenir d’ensemble où chacun joue sa partition complémentaire par rapports autres. C’est ce à quoi nous pouvons raisonnablement nous attendre à vivre au cours des années à venir.

Pourquoi le Mainframe va-t-il persister ?


Les directions générales des entreprises comprennent parfaitement que toutes les prévisions concernant la disparition du mainframe ne sont pas réalisables et sont sans fondement. Pour mieux comprendre, voici quelques concepts clés à garder à l’esprit :

La réalisation de tous les programmes fonctionnant sur Mainframe, plus toute la période de mise au point de ces programmes représente d’énormes investissements. Après 5 à 10 ans d’exploitation, d’anomalies et de corrections, ces programmes sont parfaitement fiables. Ils deviennent la règle des résultats à obtenir.
Les entreprises ont passé des années à perfectionner et affiner leur logique applicative sur le Mainframe pour répondre aux besoins de l’entreprise et de ses clients. Il n’y a aucune raison impérieuse de faire une tentative, à grands frais et à grands risques, de remplacement du cœur de leur système d’information, de toute la logique applicative et des bases de données associées.


La performance économique de l’ordinateur central est inégalée. Alors que les entreprises sans mainframes chassent les performances les moins chères à l’échelle du CLOUD, les propriétaires d’IBM z13 peuvent exécuter 2,5 milliards de transactions sur une seule machine, et ceci tous les jours de l’année. Ils peuvent le faire avec beaucoup moins de dépenses d’exploitation qu’il n’en faut pour gérer un centre complexe de données x86 ou, pire encore, de payer les frais mensuels ridiculement élevés et imprévisibles des fournisseurs de cloud d’aujourd’hui.

Le mainframe est plus évolutif que le matériel x86. Les débuts du z13 en 2015 ont démontré que, loin d’être une plateforme figée, le mainframe évolue en réalité plus rapidement que l’informatique distribuée. Les logiciels de virtualisation avaient effectué un mouvement convergeant vers l’architecture du monde x86 mais les fournisseurs d’infrastructure reconnaissent maintenant la supériorité du modèle de l’ordinateur central et jouent le rattrapage.

Comparaison entre mainframe et PC

En d’autres mots, l’existence de l’ordinateur central restera donc une présence bénéfique dans les services IT pour pas mal de temps. Tout pari contre sa persistance sera perdant. Mais alors pourquoi le Mainframe devrait-il changer alors qu’il continue de supplanter les autres technologies ? Ne peut-il pas rester comme il est aujourd’hui ?


Je vous laisse réfléchir à cette question en attendant de vous fournir quelques éléments de réponse dans mon prochain billet.

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